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Individual:
[Marguerite LESOTpere.FTW]CANADIENNE-FRANÇAISE
LES ANCETRES GAGNON
GABRIEL-U. GAGNON
Les Gagnon du Canada ont quatre ancêtres venus
de France, plus précisément de Tourouvre et de
Ventrouze, Perche, Normandie. D'abord, les frères
Mathurin, Jean et Pierre vivaient sur une ferme,
dans un petit village appelé La Gagnonnière dans
la forêt du Perche, entre Tourouvre et Ventrouze.
Leurs
parents, Pierre Gagnon et Renée Roger, la tenaient
de Barnabe et Françoise Crest, père et mère de
Pierre (père), qui l'avait achetée le 28 décembre
1565
de Gervais Roger et Marion Aubert. On note aussi
qu'ils possédaient une auberge au même endroit.
Robert, fils de Jean Gagnon et de Marie Geffroy,
est
venu de Ventrouze.
Etablissement au Canada
En 1635, on trouve les trois frères, Mathurin, Jean
et Pierre à Québec où ils ouvrent un magasin de 60
pieds de front sur 24 de profondeur, rue St-Pierre,
dans la basse-ville. Ils avaient comme
co-propriétaire Macé Gravel qui a épousé
Marguerite, fille de la soeur de ces trois premiers
ancêtres, le 1er mai 1644
à Québec. Ils ont revendu ce commerce à Pierre
Pellerin, le 9 octobre 1668.
Ils allèrent ensuite s'établir au Château-Richer. Il est
même question, d'après Raymond Garlépy, qu'ils
aient possédé le domaine St-Charles de
Cap-Tourmente de 1640 à 1646.
En 1655 arrive Robert, le quatrième ancêtre: il
s'ins-talle sur une terre à l'île d'Orléans, concédée
en 1656.
Mathurin
II est né le 22 octobre 1606 à La Gagnonnière à
deux milles de Tourouvre où il fut baptisé. Il y
demeura avec ses parents jusqu'à 29 ans. Il partit
pour le
Canada en 1635 avec ses frères. Il ouvre à
Québec un magasin, étant le plus Instruit, car il était
le seul à pouvoir signer son nom; c'est donc lui qui
s'occupait des achats. On le voit faire un voyage
en France en 1643 pour affaires à régler. Vers
1640, il s'établit au Château-Richer, sur une terre
de 61/2
arpents de front sur 126 de profondeur, qui lui a été
concédée; un plan terrier de 1663 la situe entre la
terre de Michel Roullois et celle de Pierre Gagnon,
son frère. De 1646 à 1674, il acheta et revendit
plusieurs terrains au Château-Richer. Il en a même
acheté un le 16 janvier 1674, qu'il a par la suite
donné à
son fils Mathurin, le 13 octobre suivant.
Quoi qu'étant le plus âgé, il se maria le dernier, le
30 septembre 1647, avec Françoise Boudeau, fille
de François Boudeau et de Jeanne Jehan ou
Panée,
de la Roche-Guyon en Normandie. La mère de
Françoise s'était mariée en France à Jacques
Lehoux, et tous se trouvaient alors au Canada.
Françoise
n'était âgée que de treize ans lors de son mariage
et Mathurin en avait quarante et un. Le mariage se
fit dans la maison de Mathurin au Château-Richer.
Jacques Lehoux signe lors du mariage comme
témoin.
Ils eurent seize enfants, mais neuf seulement se
marièrent: cinq fils et quatre filles; les autres sont
décédés en bas âge.
Mathurin eut sa sépulture le 20 avril 1690, et
Françoise, le 14 septembre 1699, au
Château-Richer.
Jean
II naquit le 13 août 1610, au même endroit que
Mathurin. A son arrivée à Québec, en 1635, à l'âge
de 25 ans, il se lance lui aussi dans le commerce.
En 1640, une terre de sept arpents de front sur le
fleuve, sur cent vingt-six arpents de profondeur lui a
été concédée au Château-Richer. De 1640 à
1652,
il fit des achats et ventes de terrains au
Château-Richer, mais il garda toujours celle
concédée en 1640.
A l'âge de 30 ans, il se maria le 29 juillet 1640,
possiblement au Château-Richer, avec Marguerite
Cauchon, âgée de 20 ans. Elle était fille de Jean
Cauchon et de Marguerite Cointal, originaire du
pays de Caux, région de Dieppe, France. Sa mère
étant décédée le 9 janvier 1633, son père s'était
remarié
le 4 avril 1633 à Jeanne Abraham, à Dieppe.
Marguerite, ses frères et ses soeurs vinrent au
Canada avec leur père et belle-mère après 1633.
Jean et Marguerite s'installèrent sur les arpents de
terres qui leur avaient été concédés en 1640. Une
carte de 1663 les place à 16 arpents à l'est de
Mathurin, entre Jean Chapeleau et J. Lesot.
Ils eurent huit enfants: six se marièrent, deux
garçons et quatres filles; deux sont décédés en bas
âge.
Jean eut sa sépulture le 2 avril 1670, au
Château-Richer, et pour ce qui est de Marguerite,
on ne donne aucune date certaine de sa sépulture.
Pierre
Celui-ci est né le 14 février 1612 à la Gagnonnière
et fut baptisé à la Ventrouze, à trois milles de sa
place natale. Il avait 23 ans lors de sa venue au
Canada
et devint commerçant avec ses frères.
Tout comme aux deux autres, on lui concéda du
terrain au Château-Richer, entre Mathurin son frère
et Jean Cauchon (fils), d'une grandeur de 61/2
arpents de front sur le fleuve avec une profondeur
de 126. Le 13 mai 1657, Pierre cède un
demi-arpent de son terrain à Nicolas Lebel, entre sa
terre et
celle de Jean Cauchon (fils). Il le reprendra le 29
décembre 1668.
A l'âge de 30 ans, il unit sa destinée à Vincente
Desvarieux, fille de Jean et Marie Chevalier, de
Saint-Vincent, d'Aubermail, pays de Caux, en
Normandie.
Après leur mariage, le 14 septembre 1642 à
Notre-Dame de Québec, ils s'établirent au
Château-Richer, où ils eurent dix enfants. Deux
garçons et une fille
se marièrent. Pierre-Paul est ordonné prêtre à
Québec, en 1677, par Mgr De Lavai. Ce fut le
premier de ce nom et le troisième Canadien à
devenir prêtre.
Les cinq autres enfants sont décédés en bas âge.
Une fille de Pierre Gagnon entra au couvent des
Augustines, à l'âge de 13 ans. Les religieuses de
l'Hôtel-Dieu de Québec, à la mort de M.-Madeleine
survenue en1677, alors qu'elle n'avait que 22 ans,
écrivirent ceci: ±(elle) était véritablement
comparable aux anges par sa pureté, son
obéissance, son
esprit de paix et de douceur, et pour sa dévotion...
"
La sépulture de Vincente eut lieu le 2 janvier 1695,
et celle de Pierre, le 17 avril 1699, au
Château-Richer.
Robert
Ce dernier est né le premier mars 1628, à
Ventrouze, et fut baptisé dans cette même
paroisse. Il vint au Canada en 1655 et on lui
concéda, le 2 avril 1656,
une terre de quatre arpents de front sur le fleuve et
d'une profondeur qui se rend jusqu'à la route
projetée (environ 641/2 ar-pents), située entre la
terre de
Guillaume Landry et celle de Jacques Perrot, à
Ste-Famille de l'île d'Orléans. Selon le recensement
de 1667, il avait défriché 15 arpents de son terrain
et,
en 1681, 20 arpents.
A l'âge de 29 ans, le 3 octobre 1657, Robert se
maria. M. De Queyius présida l'union de Robert et
de Marie Parenteau, âgée de 16 ans. Sa future
était
née en 1641, à St-Nicolas de la Rochelle. Elle était
venue au Canada comme fille à marier; car le
premier octobre 1657, durant l'avant-midi, un
contrat de
mariage signé par le notaire Audouart fut passé à
son appartement chez Mme Bourdon et Mme
Daillebout, qui gardaient une maison de pension
pour
jeunes filles. Marie se dit fille d'Antoine Parenteau et
d'Anne Poisson. Son père était charpentier et
scieur de long.
Robert et Marie s'établirent sur la terre qui leur avait
été concédée à l'île d'Orléans. Ils eurent dix
enfants. Quatre garçons et deux filles se marièrent;
deux
filles devinrent religieuses et deux enfants
décédèrent en bas âge.
Ils élevèrent leur famille sur la même ferme, et
Robert y mourut le 2 septembre 1703, tandis que
Marie, après avoir, à l'étude du notaire Chambalon,
fait son
testament le 19 octobre 1705, fut inhumée le 17
novembre 1705. Tous deux reposent au cimetière
de Ste-Famille, île d'Orléans.
Les descendants de Robert, qui sont allés s'établir
sur la rive Sud du fleuve St-Laurent, à
Rivière-Quelle et à Rimouski, portent le surnom de
Gagnon dit
Belles-îles ou Gagnon dit Belzile.
On a prétendu que Robert était cousin des trois
frères. Fait significatif, aucun d'entre eux ne figure à
son contrat de mariage. En France, nulle relation
entre
les deux familles. S'il y avait parenté, elle était
sûrement éloignée. Les père et mère de Robert
étaient des gens qui vivaient dans le village de
Ventrouze au
Perche, ce sont les seuls détails que l'on donne à
leur sujet.
Avant de terminer, je dois vous dire que Marguerite
Gagnon, née le 5 octobre 1598, à la Gagnonnière,
soeur des trois frères Gagnon, Jean et Pierre, vint
elle aussi au Canada. Marguerite s'était mariée à
Ventrouze, France, le 3 février 1624, à Eloi
Tavernier. Après leur mariage, on les trouve établis
à St-Malo
de Randonnai, d'où venait Elol. Ils eurent au moins
deux filles: Marguerite, née en 1627 et Marie en
1632, à St-Malo, France.
En 1642, ils vendirent leurs biens de St-Malo, et le
premier mai 1644, ils étaient à Québec où leur fille
Marguerite se maria à Macé Gravel; ce dernier est
dans le commerce avec les trois Gagnon. Est-ce
qu'ils seraient venus avec Mathurin lors de son
voyage d'affaires en Fran-ce en 1643?
On trouve aussi au Château-Richer, en 1647,
témoin au contrat de mariage de Mathurin, la mère
Renée Roger. Et quelques années plus tard,
n'étant plus
question d'elle ici, serait-elle retournée en France?
Pierre, leur père, était déjà décédé en France, entre
le 16 décembre 1630, où il signa pour le décès de
son frère Olivier et 1633 où, dans un acte de
notaire on dit. Renée Roger, veuve de Pierre
Gagnon.
Graphies et sens du nom
Dans les différents écrits de France, à Tourouvre
ou à Ventrouze, on trouve les graphies suivantes:
Gangnon, Gaignon, Gaingnon, Gasgnon, Gaignion
ou
Gagnon.
D'après Dauzat, le sens du nom Gagnon peut
représenter l'ancienne occitan ganhon, jeune porc
(sur-nom d'éleveur), aussi Gaignon (Normandie)
chien de
basse-cour, sobriquet d'un homme hargneux.
La famille Gagnon est l'une des plus nombreuses
en Amérique française. Tous les Gagnon que je
connais sont d'excellentes gens! C'est un Gagnon
qui
vous le dit!
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